La douleur apparaît un matin, presque sans prévenir : un pincement au pli de l'aine en sortant du lit, une raideur inhabituelle pour enfiler une chaussette, une gêne sourde qui s'installe après trente minutes de marche. Ces signaux, souvent minimisés au début, constituent pourtant les manifestations inaugurales de l'arthrose de la hanche. La coxarthrose touche près de 5 % de la population après 55 ans et progresse de manière insidieuse, altérant pas à pas la mobilité, l'autonomie et la qualité de vie. Reconnaître précocement les symptômes de l'arthrose de la hanche permet d'agir tôt, de ralentir l'évolution de la maladie et de préserver le capital fonctionnel de l'articulation. Voici un panorama médical complet des signes cliniques à connaître, des tests diagnostiques réalisés en consultation et des situations qui doivent conduire à consulter sans tarder.

La douleur inguinale : signe cardinal de la coxarthrose

Le symptôme le plus caractéristique de l'arthrose de la hanche est une douleur localisée au pli de l'aine, c'est-à-dire dans la région inguinale antérieure. Cette topographie est extrêmement évocatrice car elle correspond à la projection anatomique de l'articulation coxo-fémorale, située en profondeur sous le ligament inguinal. Le patient décrit généralement une sensation de pincement, de serrement ou de tiraillement au creux de l'aine, parfois difficile à localiser avec précision.

Caractéristiques mécaniques de la douleur

La douleur de la coxarthrose répond à un schéma dit "mécanique", par opposition aux douleurs inflammatoires. Elle se manifeste principalement lors de la mise en charge et des mouvements de l'articulation : marche, montée ou descente d'escaliers, passage de la position assise à debout, enjambement d'un obstacle. Elle augmente au fil de la journée, s'aggrave après un effort prolongé et diminue au repos. Ce rythme mécanique constitue un élément diagnostique fondamental qui permet au médecin de différencier la coxarthrose d'autres pathologies articulaires comme l'arthrite inflammatoire, où la douleur prédomine au contraire le matin et s'améliore avec l'activité.

Aux stades débutants, la douleur ne survient qu'à l'occasion d'efforts inhabituels ou prolongés : longue randonnée, station debout de plusieurs heures, jardinage intensif. Le patient peut rester asymptomatique pendant des semaines, ce qui retarde souvent la consultation. À mesure que l'arthrose progresse, la douleur devient plus fréquente, déclenchée par des efforts de plus en plus modestes, jusqu'à apparaître lors de simples déplacements domestiques ou même au repos dans les stades avancés.

Le phénomène de dérouillage matinal

La raideur matinale, ou dérouillage, est un symptôme précoce et quasi constant de la coxarthrose. En se levant le matin, le patient ressent une sensation de blocage ou d'ankylose de la hanche qui nécessite quelques minutes de mobilisation avant que l'articulation ne retrouve une fluidité acceptable. Ce dérouillage dure typiquement moins de trente minutes dans la coxarthrose, à la différence des rhumatismes inflammatoires où il peut persister plus d'une heure. Un phénomène similaire survient après toute période d'immobilité prolongée : long trajet en voiture, séance de cinéma, après-midi dans un fauteuil. Ce signe s'explique par l'épaississement du liquide synovial au repos et par la perte d'élasticité de la capsule articulaire remaniée par le processus arthrosique.

Les irradiations douloureuses : quand la hanche fait mal ailleurs

L'une des particularités déroutantes de l'arthrose de la hanche est sa capacité à générer des douleurs à distance de l'articulation atteinte. Ces irradiations, appelées douleurs référées, constituent un piège diagnostique fréquent qui égare parfois patients et médecins pendant des mois avant que le diagnostic de coxarthrose ne soit évoqué.

Irradiation vers la cuisse et le genou

La douleur coxarthrosique irradie fréquemment le long de la face antérieure de la cuisse, suivant le trajet du nerf fémoral (ou crural), jusqu'au genou. Cette irradiation vers le genou est si fréquente qu'elle justifie un adage médical bien connu : "devant toute douleur du genou, examiner la hanche". En pratique clinique, il n'est pas rare qu'un patient consulte pour une douleur isolée du genou, suspecte d'arthrose du genou, alors que la véritable origine est une coxarthrose méconnue. L'irradiation peut également se diriger vers la face latérale de la cuisse, la fesse ou même le grand trochanter, brouillant encore davantage la localisation perçue de la douleur.

Irradiation vers la fesse et la région lombaire

La douleur peut également irradier vers la fesse, la région sacro-iliaque et le bas du dos, mimant une lombalgie ou une sciatique. Cette présentation postérieure est moins fréquente que l'irradiation antérieure, mais elle concerne environ un patient sur quatre. Elle s'explique par les connexions nerveuses communes entre la hanche, le bassin et le rachis lombaire. Le nerf obturateur, qui innerve à la fois l'articulation de la hanche et la face interne de la cuisse, joue un rôle important dans ces phénomènes de douleur référée. Cette complexité des irradiations impose un examen clinique rigoureux pour identifier la véritable source de la douleur et ne pas s'égarer sur de fausses pistes diagnostiques.

La limitation progressive de la mobilité articulaire

La restriction des amplitudes articulaires est un signe objectif majeur de la coxarthrose. Contrairement à la douleur, qui est subjective et fluctuante, la perte de mobilité peut être mesurée avec précision à l'aide d'un goniomètre et permet de suivre objectivement l'évolution de la maladie. Cette limitation progresse selon un schéma relativement prévisible, touchant les différents mouvements de la hanche dans un ordre hiérarchique.

La rotation interne : premier mouvement atteint

La rotation interne de la hanche est le mouvement le plus précocement et le plus sévèrement limité par la coxarthrose. Cette particularité s'explique par des raisons anatomiques : lors de la rotation interne, les structures capsulo-ligamentaires antérieures sont mises en tension maximale, et les ostéophytes qui se développent préférentiellement sur le rebord antérieur du cotyle créent un obstacle mécanique à ce mouvement. Une hanche normale possède une rotation interne d'environ 35 à 45 degrés ; dans la coxarthrose, cette amplitude peut chuter à 15, puis 10, puis 0 degré aux stades les plus avancés.

La perte de rotation interne est si précoce et si constante qu'elle constitue un véritable signal d'alerte. Un patient qui remarque une difficulté nouvelle à croiser les jambes, à pivoter sur lui-même ou à s'asseoir en tailleur doit envisager la possibilité d'un début de coxarthrose. La flexion, l'abduction et l'extension sont ensuite progressivement touchées, dans cet ordre approximatif, aboutissant aux stades tardifs à une hanche quasi ankylosée en position vicieuse de flexion-adduction-rotation externe.

Les répercussions sur les gestes du quotidien

La perte d'amplitude articulaire a des conséquences directes et concrètes sur les activités de la vie quotidienne, bien avant que la maladie n'atteigne un stade avancé. Le retentissement fonctionnel constitue d'ailleurs le principal motif de consultation et le facteur déterminant dans la décision thérapeutique. Parmi les difficultés les plus fréquemment rapportées par les patients atteints de coxarthrose :

Enfiler chaussettes et chaussures : ce geste, qui nécessite une flexion combinée de la hanche supérieure à 100 degrés associée à une rotation, devient précocement difficile puis impossible. Le patient doit utiliser un chausse-pied à long manche ou demander de l'aide. Ce signe fonctionnel est si spécifique qu'il fait partie des échelles d'évaluation de la coxarthrose (indice de Lequesne, score WOMAC).

Entrer et sortir d'une voiture : le mouvement combiné de flexion, rotation et abduction nécessaire pour s'installer au volant ou sur le siège passager devient pénible. Les voitures basses posent les plus grandes difficultés, obligeant parfois le patient à adapter son véhicule ou à utiliser un coussin pivotant.

Monter et descendre les escaliers : chaque marche impose une flexion de hanche d'environ 65 à 70 degrés sous charge. La douleur et la limitation de flexion contraignent le patient à monter marche par marche, à utiliser la rampe de manière systématique ou à éviter les escaliers autant que possible.

Se couper les ongles de pied : ce geste apparemment anodin requiert une flexion extrême de la hanche. Sa perte est un signe précoce de coxarthrose qui précède souvent la gêne à la marche.

Les relations intimes : la limitation des mouvements de la hanche, en particulier l'abduction et la rotation, peut affecter la vie intime du patient, un sujet rarement abordé en consultation mais qui participe significativement à l'altération de la qualité de vie.

La boiterie et la réduction du périmètre de marche

La marche est la fonction la plus directement menacée par l'arthrose de la hanche. L'altération progressive du schéma de marche constitue un signe objectif important, souvent perceptible par l'entourage avant même que le patient n'en prenne pleinement conscience.

La boiterie d'esquive et la boiterie de Trendelenburg

Deux types de boiterie peuvent apparaître dans la coxarthrose. La boiterie d'esquive est la plus précoce : le patient raccourcit inconsciemment la phase d'appui sur le membre douloureux pour limiter la durée de la mise en charge. Il en résulte une asymétrie du pas et un balancement du tronc vers le côté sain. Ce mécanisme compensatoire, d'abord discret, devient de plus en plus prononcé à mesure que la douleur s'intensifie.

La boiterie de Trendelenburg traduit une insuffisance des muscles fessiers, en particulier du moyen fessier, qui ne parvient plus à stabiliser le bassin lors de l'appui monopodal. Le bassin bascule du côté opposé au membre d'appui, entraînant une inclinaison du tronc compensatrice vers le côté atteint. Cette boiterie, plus tardive, signe une atteinte musculaire significative souvent associée à une coxarthrose évoluée. Le renforcement musculaire proposé en kinésithérapie vise notamment à prévenir ou à corriger cette insuffisance musculaire.

La réduction progressive du périmètre de marche

Le périmètre de marche, c'est-à-dire la distance que le patient peut parcourir sans douleur ou avant d'être contraint de s'arrêter, est un indicateur essentiel de la sévérité de la coxarthrose. Dans les stades débutants, le patient peut marcher plusieurs kilomètres sans gêne notable. À mesure que la maladie progresse, ce périmètre se réduit progressivement : un kilomètre, puis cinq cents mètres, puis deux cents mètres. Dans les stades les plus avancés, le patient ne peut plus parcourir que quelques dizaines de mètres, voire est confiné à l'intérieur de son domicile.

L'indice algo-fonctionnel de Lequesne, largement utilisé en rhumatologie, intègre le périmètre de marche comme critère de gravité. Un périmètre inférieur à cinq cents mètres est considéré comme un handicap significatif, et un périmètre inférieur à cent mètres constitue une indication potentielle de traitement chirurgical par prothèse totale de hanche. La réduction du périmètre de marche a des conséquences en cascade sur l'ensemble de la santé : déconditionnement cardiovasculaire, prise de poids, isolement social, dépression. L'association entre arthrose et surpoids devient alors un cercle vicieux où l'inactivité forcée favorise la prise de poids, qui aggrave à son tour les contraintes sur l'articulation.

Les tests cliniques : comment le médecin évalue la hanche

L'examen clinique de la hanche constitue une étape indispensable du diagnostic de l'arthrose. Il repose sur une série de manœuvres codifiées qui permettent de tester la mobilité articulaire, de reproduire la douleur et d'orienter le diagnostic vers une coxarthrose ou vers une autre pathologie de la région.

Le test de rotation interne

Le test de rotation interne est la manœuvre la plus sensible pour dépister une coxarthrose débutante. Le patient est couché sur le dos, hanche et genou fléchis à 90 degrés. Le médecin imprime un mouvement de rotation interne au fémur en déplaçant le pied du patient vers l'extérieur. Une limitation d'amplitude par rapport au côté sain, associée à une douleur au pli de l'aine en fin de course, est hautement évocatrice de coxarthrose. Ce test est positif dans plus de 90 % des coxarthroses symptomatiques, ce qui en fait l'outil de dépistage clinique le plus fiable. La mesure de l'angle de rotation interne au goniomètre permet de quantifier la limitation et de suivre son évolution dans le temps.

Le test de FABER (ou signe de Patrick)

Le test de FABER (acronyme de Flexion, ABduction, External Rotation) est une manœuvre composite qui met en jeu simultanément plusieurs mouvements de la hanche. Le patient est couché sur le dos. Le médecin place la cheville du côté testé sur le genou opposé, formant un "4", puis exerce une pression douce vers le bas sur le genou fléchi pour amener la hanche en abduction et rotation externe maximale. La manœuvre est positive si elle reproduit la douleur inguinale du patient ou si elle révèle une limitation d'amplitude nette par rapport au côté sain.

Ce test est particulièrement utile car il permet de différencier une atteinte de la hanche d'une atteinte sacro-iliaque : si la douleur est reproduite dans l'aine, elle oriente vers une pathologie coxo-fémorale ; si elle est reproduite en arrière, dans la région sacro-iliaque, elle évoque plutôt une sacro-iliite. La combinaison du test de rotation interne et du test de FABER offre une sensibilité diagnostique supérieure à 95 % pour la détection d'une pathologie intra-articulaire de la hanche.

L'évaluation globale de la mobilité

Le bilan articulaire complet de la hanche mesure six mouvements principaux : la flexion (normale : 120-130 degrés), l'extension (10-15 degrés), l'abduction (40-45 degrés), l'adduction (25-30 degrés), la rotation interne (35-45 degrés) et la rotation externe (45-50 degrés). Le médecin compare systématiquement les amplitudes du côté atteint avec le côté opposé et note la présence éventuelle de douleurs en fin de course ou de sensations d'accrochage. L'examen de la marche, l'évaluation de la force musculaire des muscles péri-articulaires et la recherche d'une inégalité de longueur des membres inférieurs complètent cet examen clinique. Ces éléments orientent les recommandations en matière d'exercices adaptés à l'arthrose de la hanche.

Le diagnostic différentiel : les pathologies qui imitent la coxarthrose

La région de la hanche est un carrefour anatomique complexe où cohabitent de nombreuses structures susceptibles de générer des douleurs. Plusieurs pathologies peuvent mimer les symptômes de la coxarthrose et doivent être envisagées avant de conclure au diagnostic. La démarche de diagnostic différentiel fait partie intégrante de l'évaluation clinique, car un diagnostic erroné conduit inévitablement à un traitement inadapté.

La bursite trochantérienne (syndrome douloureux du grand trochanter)

La bursite trochantérienne, désormais appelée syndrome douloureux du grand trochanter, est probablement la pathologie la plus fréquemment confondue avec la coxarthrose. Elle se manifeste par une douleur latérale de la hanche, en regard du grand trochanter, cette proéminence osseuse palpable sur la face externe de la cuisse. La douleur est maximale en position couchée sur le côté atteint, lors de la montée des escaliers et à la palpation directe du grand trochanter. Contrairement à la douleur de la coxarthrose, qui siège dans l'aine, la douleur de la bursite est clairement latérale. La mobilité articulaire de la hanche est normale, ce qui permet de la distinguer aisément de la coxarthrose lors de l'examen clinique.

La tendinite des muscles péri-articulaires

Les tendinopathies des muscles insérés autour de la hanche constituent un autre piège diagnostique fréquent. La tendinite du moyen fessier provoque une douleur latérale proche de la bursite trochantérienne. La tendinite du psoas-iliaque génère une douleur inguinale antérieure qui peut mimer précisément la douleur de la coxarthrose. La tendinite des adducteurs, fréquente chez les sportifs, provoque une douleur à la face interne de la cuisse et du pubis. L'élément distinctif majeur est que les tendinopathies déclenchent des douleurs spécifiques lors de la contraction résistée du muscle concerné, alors que les mouvements passifs de la hanche restent libres et indolores. Comprendre les causes de l'arthrose et les différencier de celles des tendinopathies est essentiel pour orienter le traitement.

La cruralgie (névralgie du nerf fémoral)

La cruralgie, ou névralgie crurale, correspond à une irritation ou une compression du nerf fémoral, le plus souvent au niveau du rachis lombaire (hernie discale L3-L4 ou L4-L5). Elle provoque une douleur vive qui descend le long de la face antérieure de la cuisse, parfois jusqu'au genou et à la face interne de la jambe. Cette distribution douloureuse peut ressembler à l'irradiation antérieure de la coxarthrose. Cependant, plusieurs éléments permettent de différencier les deux pathologies : la cruralgie s'accompagne souvent de signes neurologiques (diminution de la sensibilité, diminution du réflexe rotulien, faiblesse du quadriceps), elle est aggravée par les efforts de toux, d'éternuement ou de défécation, et la mobilité passive de la hanche reste normale. Un examen neurologique soigneux permet généralement de trancher.

Autres diagnostics différentiels

D'autres pathologies doivent être évoquées dans certains contextes : la nécrose avasculaire de la tête fémorale (douleur brutale, souvent chez un patient sous corticoïdes ou consommateur d'alcool), la fracture de fatigue du col fémoral (douleur d'apparition progressive chez un sportif ou un patient ostéoporotique), la pathologie du labrum acétabulaire (sensation d'accrochage ou de blocage), et les douleurs référées d'origine lombaire ou sacro-iliaque. Les crises d'arthrose, avec leur composante inflammatoire, peuvent également modifier le tableau clinique habituel de la coxarthrose et compliquer le diagnostic différentiel.

Quand consulter : les signaux d'alerte à ne pas ignorer

La coxarthrose est une maladie chronique dont l'évolution est généralement lente, sur des années voire des décennies. Cependant, certaines situations justifient une consultation médicale rapide ou urgente, que la douleur de hanche soit récente ou qu'elle évolue depuis longtemps.

Les signes qui doivent motiver une consultation rapide

Plusieurs situations doivent conduire à consulter un médecin dans les jours qui suivent leur apparition. Une douleur de l'aine persistante depuis plus de trois semaines, même d'intensité modérée, justifie un avis médical pour ne pas méconnaître une coxarthrose débutante ou une autre pathologie de la hanche. Une boiterie récente, remarquée par l'entourage ou par le patient lui-même, traduit une altération significative du schéma de marche qui mérite d'être explorée. Une difficulté nouvelle à enfiler ses chaussettes, à attacher ses lacets ou à sortir d'une voiture basse constitue un signe fonctionnel précoce qui doit alerter. Enfin, une raideur matinale de la hanche qui apparaît chaque jour, même si elle cède en quelques minutes, mérite d'être signalée au médecin.

Les signes qui imposent une consultation urgente

Certaines situations nécessitent un avis médical en urgence car elles peuvent correspondre à des pathologies graves. Une douleur de hanche brutale et intense, sans traumatisme évident, peut révéler une nécrose de la tête fémorale, une fracture pathologique ou une arthrite septique. Une hanche chaude, rouge et gonflée évoque une arthrite infectieuse ou micro-cristalline (goutte, chondrocalcinose) qui constitue une urgence rhumatologique. Une douleur de hanche accompagnée de fièvre, de frissons ou d'une altération de l'état général impose une consultation en urgence pour écarter une infection articulaire. Enfin, une impossibilité totale de poser le pied au sol ou de mobiliser la hanche nécessite une évaluation immédiate.

L'importance du diagnostic précoce

Le diagnostic précoce de la coxarthrose n'est pas une formalité administrative : il conditionne l'efficacité de la prise en charge. Plus la maladie est identifiée tôt, plus les mesures conservatrices sont efficaces pour ralentir son évolution. Le renforcement musculaire ciblé, la perte de poids chez les patients en surcharge pondérale, l'adaptation de l'activité physique et les mesures de prévention de l'arthrose permettent de gagner des années de confort articulaire lorsqu'ils sont mis en place à un stade précoce. À l'inverse, un diagnostic tardif limite les options thérapeutiques et expose le patient à un handicap fonctionnel installé, plus difficile à corriger. Le médecin généraliste constitue le premier interlocuteur pour évaluer une douleur de hanche suspecte, avant d'orienter si nécessaire vers un rhumatologue ou un chirurgien orthopédiste pour compléter le diagnostic et définir la stratégie thérapeutique la plus adaptée.