Comment savoir si on a de l'arthrose
Douleur sourde au genou en descendant les escaliers, raideur matinale dans les doigts, sensation de craquement dans la hanche : ces signaux du quotidien peuvent sembler anodins, mais ils constituent s...
Douleur sourde au genou en descendant les escaliers, raideur matinale dans les doigts, sensation de craquement dans la hanche : ces signaux du quotidien peuvent sembler anodins, mais ils constituent souvent les premiers indices d'une arthrose naissante. Avec plus de 10 millions de Français concernés, l'arthrose est la maladie articulaire la plus répandue, et pourtant, beaucoup de personnes vivent des mois, voire des années, sans savoir qu'elles en souffrent. Comment savoir si on a de l'arthrose ? Quels sont les signes qui doivent alerter ? Quels examens permettent de poser un diagnostic fiable ? Ce guide complet vous aide à reconnaître les manifestations de cette pathologie et à comprendre le parcours médical qui mène au diagnostic.
Les premiers signes qui doivent vous alerter
L'arthrose est une maladie insidieuse. Elle s'installe progressivement, souvent sur plusieurs années, avant de provoquer des symptômes suffisamment marquants pour pousser à consulter. Pourtant, certains signes précoces méritent une attention particulière. Savoir les repérer, c'est se donner la possibilité d'agir tôt et de ralentir l'évolution de la maladie.
La douleur mécanique : le signal d'alerte numéro un
Le symptôme le plus révélateur de l'arthrose est une douleur dite mécanique. Contrairement aux douleurs inflammatoires qui réveillent la nuit et s'accompagnent d'une raideur matinale prolongée, la douleur arthrosique présente des caractéristiques bien spécifiques. Elle apparaît ou s'intensifie lors des mouvements et de la mise en charge de l'articulation touchée : marcher, monter ou descendre les escaliers, saisir un objet, tourner la tête. Elle diminue ou disparaît au repos. Elle est généralement absente le matin au réveil, mais se manifeste au cours de la journée, avec une aggravation en fin de journée après les activités. On la décrit souvent comme une douleur sourde, profonde, parfois difficile à localiser précisément.
Ce caractère mécanique est un élément clé pour différencier l'arthrose d'autres pathologies articulaires comme l'arthrite rhumatoïde, où la douleur est plutôt inflammatoire. Pour approfondir cette distinction, consultez notre article sur la différence entre arthrose et arthrite.
La raideur articulaire matinale
Un autre signe précoce de l'arthrose est la raideur articulaire ressentie au réveil ou après une période d'immobilité prolongée (position assise au bureau, trajet en voiture). Cette raideur donne l'impression que l'articulation est "rouillée" et nécessite quelques minutes de mouvements pour se "dégraisser". Dans l'arthrose, cette raideur matinale est typiquement de courte durée : elle dure moins de 30 minutes, généralement entre 5 et 15 minutes. C'est une différence majeure avec les rhumatismes inflammatoires, où la raideur matinale peut persister plus d'une heure.
Cette raideur s'explique par la perte de qualité du liquide synovial et par les modifications du cartilage : après une nuit d'immobilité, l'articulation arthrosique a besoin d'être "remise en route" par le mouvement, qui permet au liquide synovial de lubrifier à nouveau les surfaces articulaires.
Les craquements et les sensations de frottement
Les craquements articulaires, appelés crépitations en langage médical, constituent un signe fréquemment rapporté par les personnes atteintes d'arthrose. Ils se produisent lors des mouvements de l'articulation et traduisent le frottement de surfaces cartilagineuses devenues irrégulières et rugueuses l'une contre l'autre. Ces crépitations peuvent être audibles ou simplement ressenties comme une sensation de grattement, de grincement sous la peau.
Il est important de noter que des craquements articulaires occasionnels sont fréquents et parfaitement normaux, même chez des personnes en bonne santé. Ils deviennent significatifs lorsqu'ils sont réguliers, reproductibles à chaque mouvement, et surtout lorsqu'ils s'accompagnent de douleur ou de gêne fonctionnelle. C'est l'association craquements + douleur qui doit véritablement alerter.
Les symptômes selon la localisation de l'arthrose
Les manifestations de l'arthrose varient considérablement selon l'articulation touchée. Reconnaître les symptômes de l'arthrose spécifiques à chaque localisation permet de mieux identifier la maladie et d'orienter la démarche diagnostique.
Signes d'arthrose au niveau du genou
L'arthrose du genou, ou gonarthrose, se manifeste typiquement par une douleur à la marche, en particulier lors de la descente des escaliers ou en terrain irrégulier. Le patient ressent souvent une difficulté à fléchir complètement le genou ou à le tendre totalement. Un gonflement articulaire peut survenir, témoignant d'un épanchement de liquide synovial. Dans les cas plus avancés, une déformation progressive du genou peut apparaître, le plus souvent en varus (jambes arquées). La sensation d'instabilité ou de "dérobement" du genou lors de la marche est également un signe révélateur.
Signes d'arthrose au niveau de la hanche
L'arthrose de la hanche, ou coxarthrose, provoque une douleur localisée dans le pli de l'aine, parfois irradiant vers la cuisse ou le genou. Cette irradiation vers le genou est un piège diagnostique classique : certains patients consultent pour une douleur au genou alors que le problème vient en réalité de la hanche. La limitation progressive de la mobilité est un signe précoce, touchant d'abord la rotation interne et l'extension de la hanche. Les patients remarquent des difficultés à mettre leurs chaussettes, à entrer dans une voiture ou à écarter les jambes.
Signes d'arthrose au niveau des mains
L'arthrose des mains se reconnaît à l'apparition de petites tuméfactions osseuses au niveau des articulations des doigts. Les nodosités de Heberden, situées sur les dernières phalanges, et les nodosités de Bouchard, sur les phalanges intermédiaires, sont quasi pathognomoniques de l'arthrose digitale. La rhizarthrose (arthrose de la base du pouce) provoque une douleur à la pince pouce-index qui gêne les gestes quotidiens : ouvrir un bocal, tourner une clé, écrire. Une perte de force de préhension est souvent rapportée.
Signes d'arthrose au niveau de la colonne vertébrale
L'arthrose cervicale se manifeste par des douleurs de la nuque, une raideur cervicale et parfois des maux de tête irradiant depuis l'arrière du crâne. Dans certains cas, la compression des racines nerveuses par des ostéophytes provoque des douleurs ou des fourmillements dans les bras. L'arthrose lombaire est quant à elle responsable de lombalgies chroniques, de raideur matinale du bas du dos et d'une gêne à se pencher en avant ou à se relever après une position assise prolongée.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Toute douleur articulaire persistant plus de quelques semaines mérite une consultation médicale. Cependant, certaines situations doivent inciter à consulter sans tarder pour envisager un diagnostic d'arthrose ou écarter d'autres pathologies.
Les situations qui nécessitent une consultation rapide
Consultez votre médecin si vous présentez une douleur articulaire qui persiste depuis plus de trois semaines malgré le repos et les antalgiques simples. Un gonflement articulaire récurrent ou permanent doit également alerter, de même qu'une raideur matinale qui s'aggrave progressivement. La perte de mobilité d'une articulation, même légère, constitue un signal à ne pas négliger. Enfin, toute déformation visible d'une articulation nécessite un avis médical.
Il est particulièrement important de consulter rapidement si la douleur articulaire s'accompagne de fièvre, de rougeur intense ou de chaleur locale marquée : ces signes évoquent davantage une arthrite infectieuse ou un rhumatisme inflammatoire, situations qui nécessitent une prise en charge urgente.
L'arthrose chez les jeunes : ne pas banaliser
Contrairement aux idées reçues, l'arthrose ne concerne pas uniquement les personnes âgées. L'arthrose chez le jeune existe et touche des personnes de 30 ou 40 ans, en particulier celles ayant subi des traumatismes articulaires (entorses graves, fractures articulaires, lésions méniscales), les sportifs de haut niveau soumis à des contraintes articulaires répétées, ou encore les personnes présentant des anomalies anatomiques congénitales. Chez un sujet jeune, une douleur articulaire mécanique persistante ne doit jamais être banalisée et mérite toujours un bilan médical approfondi.
Le parcours diagnostique de l'arthrose
Le diagnostic de l'arthrose repose sur un faisceau d'arguments associant l'interrogatoire du patient, l'examen clinique et les examens complémentaires. Il n'existe pas de test unique permettant de poser le diagnostic de manière certaine : c'est la concordance de plusieurs éléments qui permet au médecin de conclure.
L'interrogatoire médical : la première étape essentielle
L'interrogatoire est un moment clé de la consultation. Le médecin va recueillir des informations précises sur les caractéristiques de la douleur : sa localisation exacte, son mode d'apparition (brutal ou progressif), son horaire (mécanique ou inflammatoire), les facteurs qui l'aggravent ou la soulagent, son évolution dans le temps. Il recherchera également des antécédents pertinents : traumatismes articulaires anciens, activité professionnelle ou sportive sollicitant les articulations, antécédents familiaux d'arthrose, surpoids.
Le médecin évaluera aussi le retentissement fonctionnel de la douleur sur les activités quotidiennes : difficultés à marcher, à monter les escaliers, à se coiffer, à ouvrir des bocaux. Cette évaluation fonctionnelle est essentielle pour apprécier la sévérité de l'atteinte et orienter la prise en charge. Les causes de l'arthrose sont multiples et leur identification fait partie intégrante du bilan diagnostique.
L'examen clinique : ce que le médecin recherche
L'examen physique de l'articulation fournit des informations précieuses. Le médecin va inspecter l'articulation à la recherche d'un gonflement, d'une déformation ou d'une amyotrophie (fonte musculaire) des muscles environnants. Il va palper l'articulation pour rechercher des points douloureux, un épanchement articulaire ou des ostéophytes palpables. Il testera la mobilité articulaire en mesurant les amplitudes de mouvement dans toutes les directions et en notant d'éventuelles limitations ou douleurs en fin de course.
L'examen clinique permet également de rechercher des crépitations lors de la mobilisation passive de l'articulation, de vérifier la stabilité ligamentaire et d'évaluer la force musculaire. Un examen neurologique complémentaire peut être nécessaire en cas d'arthrose cervicale ou lombaire pour vérifier l'absence de compression nerveuse.
Les examens complémentaires pour confirmer le diagnostic
Lorsque l'interrogatoire et l'examen clinique orientent vers une arthrose, des examens complémentaires sont demandés pour confirmer le diagnostic, évaluer la sévérité de l'atteinte et écarter d'autres pathologies.
La radiographie : l'examen de référence
La radiographie standard reste l'examen de première intention pour le diagnostic de l'arthrose. Elle permet de visualiser les quatre signes radiologiques cardinaux de la maladie : le pincement de l'interligne articulaire, qui traduit la perte d'épaisseur du cartilage ; la condensation de l'os sous-chondral (sclérose), qui apparaît sous forme d'un liseré blanc plus dense sous le cartilage ; les ostéophytes, ces excroissances osseuses visibles sur les bords de l'articulation ; et les géodes sous-chondrales, petites cavités arrondies dans l'os situé sous le cartilage.
Il est essentiel de savoir que la radiographie présente des limites importantes. Au stade débutant de l'arthrose, les radiographies peuvent être strictement normales alors que le cartilage commence déjà à se dégrader. À l'inverse, des anomalies radiologiques significatives peuvent être présentes chez des personnes qui ne ressentent aucune douleur. Il n'existe pas de corrélation parfaite entre l'importance des lésions radiologiques et l'intensité des symptômes. C'est pourquoi le diagnostic ne repose jamais sur la seule radiographie mais sur la combinaison des données cliniques et radiologiques.
Les analyses de sang : exclure d'autres maladies
Contrairement à ce que beaucoup de patients pensent, il n'existe pas de marqueur sanguin spécifique de l'arthrose. On ne peut pas diagnostiquer l'arthrose par une simple prise de sang. En revanche, les analyses biologiques jouent un rôle important dans la démarche diagnostique en permettant d'exclure d'autres pathologies articulaires. Le médecin prescrira généralement un bilan inflammatoire (vitesse de sédimentation, CRP) qui est normal ou très peu élevé dans l'arthrose, et un dosage du facteur rhumatoïde et des anticorps anti-CCP pour écarter une polyarthrite rhumatoïde.
Un dosage de l'acide urique peut être demandé pour éliminer une goutte, et des anticorps antinucléaires pour écarter un lupus. La normalité de ces marqueurs, associée à un tableau clinique et radiologique compatible, conforte le diagnostic d'arthrose. C'est un point fondamental pour bien comprendre la différence entre arthrose et arthrite, cette dernière s'accompagnant généralement d'un syndrome inflammatoire biologique.
L'IRM et les autres examens d'imagerie
L'IRM (imagerie par résonance magnétique) n'est pas un examen de routine dans le diagnostic de l'arthrose, mais elle peut être prescrite dans certaines situations spécifiques. Son principal avantage est de visualiser directement le cartilage, contrairement à la radiographie qui ne montre que les structures osseuses. L'IRM permet également de détecter des lésions associées (lésions méniscales, œdème osseux, synovite) et d'identifier une arthrose à un stade très précoce, avant même l'apparition des signes radiologiques.
L'échographie articulaire est de plus en plus utilisée en rhumatologie. Elle permet de visualiser un épanchement articulaire, une synovite, des érosions corticales et des ostéophytes. Son avantage est d'être réalisable au cabinet du rhumatologue, en temps réel, sans irradiation. Le scanner (tomodensitométrie) est parfois prescrit pour l'étude de l'arthrose vertébrale, en particulier pour analyser les foramens intervertébraux en cas de suspicion de compression nerveuse.
La ponction articulaire : dans quels cas ?
Lorsqu'un épanchement articulaire est présent (gonflement de l'articulation par du liquide), le médecin peut réaliser une ponction articulaire. Ce geste consiste à prélever le liquide synovial contenu dans l'articulation à l'aide d'une aiguille. L'analyse de ce liquide fournit des informations diagnostiques importantes. Dans l'arthrose, le liquide synovial est de type mécanique : clair, visqueux, contenant peu de cellules (moins de 2000 éléments par millilitre). Ce résultat permet d'écarter une arthrite infectieuse (liquide trouble, riche en polynucléaires) ou une arthrite microcristalline (présence de cristaux d'urate ou de pyrophosphate de calcium).
Les critères diagnostiques officiels de l'arthrose
Pour standardiser le diagnostic, des sociétés savantes comme l'American College of Rheumatology (ACR) ont établi des critères diagnostiques pour les différentes localisations de l'arthrose. Ces critères combinent des éléments cliniques, biologiques et radiologiques.
Critères pour la gonarthrose (arthrose du genou)
Les critères de l'ACR pour le diagnostic de gonarthrose incluent une douleur du genou associée à au moins trois des critères suivants : âge supérieur à 50 ans, raideur matinale de moins de 30 minutes, crépitations à l'examen clinique, sensibilité osseuse à la palpation, hypertrophie osseuse, absence de chaleur locale. Lorsque la radiographie est disponible, la présence d'ostéophytes associée à au moins un des critères suivants suffit : âge supérieur à 50 ans, raideur matinale inférieure à 30 minutes, crépitations.
Critères pour la coxarthrose (arthrose de la hanche)
Pour l'arthrose de la hanche, les critères diagnostiques reposent sur une douleur de hanche associée à au moins deux des trois éléments suivants : vitesse de sédimentation inférieure à 20 mm à la première heure, présence d'ostéophytes à la radiographie, pincement de l'interligne articulaire à la radiographie. Ces critères ont une sensibilité et une spécificité élevées, supérieures à 80 %, ce qui en fait des outils diagnostiques fiables.
Les erreurs de diagnostic à éviter
Plusieurs pathologies peuvent mimer les symptômes de l'arthrose et conduire à des erreurs diagnostiques si le bilan n'est pas suffisamment rigoureux.
Les pathologies à ne pas confondre avec l'arthrose
La polyarthrite rhumatoïde est le principal diagnostic différentiel, en particulier pour l'arthrose des mains. Mais la topographie des articulations atteintes diffère : la polyarthrite touche préférentiellement les articulations métacarpophalangiennes (base des doigts) et les poignets, tandis que l'arthrose touche les interphalangiennes distales et proximales. La chondrocalcinose (dépôt de cristaux de pyrophosphate de calcium) peut donner un tableau très proche de l'arthrose, avec parfois des poussées aiguës pseudo-goutteuses.
Les tendinopathies et bursites périarticulaires sont fréquemment confondues avec une arthrose, car la douleur est localisée près de l'articulation. Cependant, l'examen clinique attentif permet généralement de faire la distinction : la douleur des tendinopathies est reproduite par des manœuvres spécifiques mettant en tension le tendon concerné. Les douleurs projetées constituent un autre piège : une arthrose de la hanche peut se manifester par une douleur au genou, et une arthrose cervicale peut provoquer des douleurs dans l'épaule ou le bras.
L'arthrose débutante : un diagnostic parfois difficile
Au stade initial, le diagnostic d'arthrose peut être délicat. Les radiographies sont souvent normales, les analyses biologiques sont non contributives, et les symptômes peuvent être intermittents. Le médecin doit alors s'appuyer sur un faisceau d'arguments cliniques et parfois recourir à l'IRM pour visualiser des anomalies cartilagineuses débutantes. Un suivi dans le temps, avec réévaluation clinique et radiologique à 6 ou 12 mois, est parfois nécessaire pour confirmer le diagnostic.
Que faire après le diagnostic ?
Une fois le diagnostic d'arthrose confirmé, il est essentiel de ne pas rester passif. L'arthrose est une maladie chronique évolutive, mais de nombreuses mesures permettent de ralentir sa progression, de soulager les douleurs et de maintenir la fonction articulaire.
Les premiers réflexes à adopter
La prise en charge de l'arthrose repose sur un triplé fondamental : l'activité physique adaptée, la gestion du poids et l'éducation thérapeutique. L'activité physique régulière est le pilier du traitement de l'arthrose. Contrairement à une idée reçue tenace, le mouvement ne "use" pas les articulations arthrosiques. Au contraire, il nourrit le cartilage, renforce les muscles protecteurs et maintient la souplesse articulaire. Marche, natation, vélo, gymnastique douce : les possibilités sont nombreuses et doivent être adaptées à chaque patient.
La gestion du poids est particulièrement importante pour les arthroses portantes (genou, hanche). Une perte de poids, même modeste, de 5 à 10 % du poids corporel réduit significativement les douleurs et améliore la fonction articulaire. L'éducation thérapeutique permet au patient de comprendre sa maladie, d'adapter ses activités et d'apprendre des gestes protecteurs pour ses articulations.
Les poussées douloureuses : savoir les reconnaître et réagir
L'arthrose évolue par alternance de périodes relativement calmes et de poussées douloureuses plus intenses, appelées crises d'arthrose. Lors de ces poussées, l'articulation peut devenir gonflée, plus douloureuse, parfois chaude. Ces poussées correspondent à des phases d'inflammation de la membrane synoviale (synovite) et sont souvent déclenchées par une sollicitation excessive de l'articulation, un changement de temps ou un stress.
Savoir reconnaître une crise d'arthrose est important pour adapter le traitement. Le repos relatif (sans immobilisation complète), l'application de froid et le recours temporaire à des anti-inflammatoires (sur avis médical) permettent généralement de passer le cap. Si les crises deviennent fréquentes ou particulièrement intenses, une réévaluation médicale est nécessaire pour adapter la stratégie thérapeutique.
L'importance de la prévention et du suivi
Même après le diagnostic, des mesures de prévention de l'arthrose restent pertinentes pour limiter l'aggravation et protéger les autres articulations. Un suivi médical régulier, généralement annuel, permet d'évaluer l'évolution de la maladie, d'adapter le traitement et de dépister d'éventuelles complications. La relation de confiance entre le patient et son médecin est un élément déterminant pour une prise en charge réussie à long terme.
Les auto-tests : peut-on évaluer soi-même ses articulations ?
De nombreux patients se demandent s'ils peuvent évaluer eux-mêmes la présence d'une arthrose avant de consulter. Si aucun auto-test ne peut remplacer un examen médical, certaines observations peuvent orienter la réflexion et motiver une consultation.
Les questions à se poser
Avant de consulter, posez-vous les questions suivantes. Ressentez-vous une douleur articulaire qui augmente avec l'effort et diminue au repos ? Cette douleur est-elle présente depuis plus de trois semaines ? Avez-vous remarqué une raideur articulaire au réveil qui disparaît en moins de 30 minutes ? Entendez-vous ou ressentez-vous des craquements réguliers dans l'articulation concernée ? Avez-vous noté une diminution de la mobilité de l'articulation ? Avez-vous des antécédents de traumatisme à cet endroit ? Avez-vous des membres de votre famille atteints d'arthrose ?
Si vous répondez oui à plusieurs de ces questions, une consultation médicale est recommandée. Ces éléments ne constituent pas un diagnostic, mais ils forment un faisceau d'indices suffisant pour justifier un bilan médical. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les possibilités d'action pour préserver l'articulation sont importantes. L'arthrose diagnostiquée précocement répond mieux aux mesures de prise en charge et évolue plus lentement lorsqu'elle est correctement gérée.